J'ai un cahier où sont consignés depuis janvier 2012 à peu près tous les films et toutes les séries que j'ai regardés. Oui, sur un vrai cahier, avec de la vraie écriture, pas dans un ficher d'ordinateur, pas sur un site internet, pas sur un réseau social. Un cahier que je peux consulter même sans électricité, sans écran, sans connexion.

On va essayer quelque chose de rigolo, je vais reprendre les pages de ce cahier et redonner mon avis, pour chaque film, pour chaque série. Souvent, j'ai déjà écrit sur ces oeuvres. Je vais pourtant réécrire dessus, tout en vous renvoyant à mon opinion d'époque. Attention, n'espérez pas forcément des pavés, ce sera généralement plutôt lapidaire. Mais c'est un exercice, pour me dérouiller, pour me divertir, pour m'exprimer et pour partager avec vous.

J'ai déjà rédigé un peu d'avance, mais on va partir sur une mise à jour hebdomaire pour l'instant. On n'est pas pressé, on a tout notre temps.

 


 

Juillet 2012

 

L'Impossible Monsieur Bébé

Il me fait tellement rire ce film, je ne vous dis que ça, quel bonheur. Si Howard Hawks était évidemment génial pour faire de "gros" films (de guerre, d'aventure, des westerns), il était tout aussi génial dans le domaine de la comédie. Ici, il est bien sûr parfaitement secondé par Cary Grant et par la plus grande comédienne du cinéma américain, Katherine Hepburn.

 

Holy Motors

C'est toujours bof.

 

Printemps tardif

J'ai toujours l'impression d'avoir écrit beaucoup sur Ozu ici. Mais cela devait être ailleurs... Bon, là, il s'agit d'un de ses plus grands films. Une chronique familial (forcément) dévastatrice et d'une sobriété (forcément) qui fait ressortir chaque émotion avec d'autant plus d'intensité. Et une fin bouleversante est aussi (forcément) au rendez-vous.

 

La Colline aux coquelicots

J'en disais beaucoup de bien à l'époque, je maintiens.

 

The Raid

Super virtuose et super bourrin. Si on sait où on met les pieds, c'est le haut du panier du genre.

 

Le Tombeau des lucioles

Un grand mélo.

 

Pompoko

Chef-d'oeuvre. Avec des ratons-laveurs qui se battent à coups de testicules. C'est super drôle, super poétique, super émouvant. Et cela ne ressemble à rien d'autre. Du cinéma parfait.

 

Phase IV

Légèrement surestimé par des geeks tout contents de déterrer une série B de qualité, mais ça vaut le détour, même si on n'aime pas particulièrement les fourmis. C'est joliment kitsch, un peu new age sur les bords, avec des aspects horrifiques et psychédéliques assez angoissants.

 

Peau d'âne

Pas le pire Jacques Demy, les chansons sont globalement amusantes. C'est mochedingue au possible, tourné comme un téléfilm des années 70, Catherine Deneuve a le charisme d'une laitue pas fraîche et joue, à l'habitude, comme une tanche. Mais ce n'est pas le pire Demy...

 

Evil Dead

Merveilleux classique fauché du cinéma gore. Comme les suites sont nettement plus portées sur la rigolade, on a toujours tendance à oublier combien le premier film est hardcore. Avec la bande-son stridente et ricanante qui vrille les tympans certains passages se situent dans l'héritage de Massacre à la tronçonneuse. Il y a déjà des gags, comme dans le film de Hooper d'ailleurs. Mais c'est surtout de l'horreur. Cela permet aussi d'assister à la naissance de deux immenses talents : Sam Raimi, le réalisateur, et Bruce Campbell, son comédien fétiche.

 

Evil Dead 2

La suite-remake avec un budget plus large et une tonalité plus cartoon. Le héros s'en prend plein la figure pendant 1h30. C'est bourré d'idées et c'est vraiment très très drôle (et un peu horrible aussi).

 

L'Armée des ténèbres

Le troisième volet de la série Evil Dead. Budget énorme (en comparaison du premier) et un très net adoucissement du gore au profit d'un mélange d'aventure, de comédie et d'un peu d'horreur. C'est ambitieux et un peu mal foutu, mais ça garde le charme et l'énergie du volet précédent.

 

Sanjuro

La suite de Yojimbo, dont j'avais rédigé une critique un peu plus détaillée.

 

Excalibur

Un de mes films favoris depuis 30 ans. Je lui ai consacré une page entière, rien de particulier à ajouter. Je l'aime toujours autant, voire davantage.

 

Millennium Actress

Encore un chef-d'oeuvre, auquel j'ai aussi dédié un long texte d'amour. C'est le monument de Satoshi Kon et un des plus grands dessins animés de l'histoire du 7e art.

 

Trainspotting

C'est un film tellement dans l'air de son temps qu'il était déjà daté à sa sortie. Ou du moins, il fut pile dans l'époque pendant un an, avant d'être éternellement un vestige, un témoignage, un fossile. Je dis ça, ce sont des compliments, il y a des films comme ça qui sont à ce point dans une esthétique qu'ils en gardent un charme paradoxalement intemporel. C'est le cas de Trainspotting, mille fois imité, jamais égalé. Et puis la musique, quoi.

 

Les Fils de l'Homme

Ahlala, dire qu'à sa sortie tout le monde s'en fichait ou presque. On était une vingtaine dans la grande salle de cinéma vide. Aujourd'hui, ça s'extasie, ça dit "chef-d'oeuvre" partout. Mais où étiez-vous à l'époque ? Pas dans les cinémas, si j'en crois les chiffres. Mais ce n'est pas grave. A présent, on peut chez soi le (re)découvrir dans des conditions plus ou moins optimales. C'est, bien sûr, un tour de force de mise en scène, avec ces fameux plans séquences complètement fous, mais c'est aussi une excellente histoire de SF, très riche, très viscérale.

 

The Dark Knight Rises

J'étais assez indulgent à l'époque, comme à peu près avec tous les Nolan. Ca se revoit très mal, c'est vraiment pas très bon. Le film a plein de qualités éparses qui ne s'aditionnent jamais pleinement. C'est souvent le cas des oeuvres de Nolan, cinéaste super théoricien mais froid comme l'acier. C'est joli à regarder, mais ça ne laisse aucune trace. La faute à des scénarios "intellectuels" qui n'impliquent que peu les émotions, ou alors de manière très artificielle (Interstellar étant un cas d'école). Quand c'est vraiment raté, comme ici, c'est laborieux au possible. Ca déroule du scénario très mécaniquement, en essayant de fluidifier l'ensemble par un montage rapide et l'omniprésence de la musique. On a beaucoup rigolé sur la nullité de Marion Cotillard (visiblement pas impliquée pour deux sous), mais les autres comédiens sont plutôt bons, vu ce qu'on leur demande (pas grand-chose). Anne Hathaway est une excellente Catwoman, mais elle fait de la figuration. Gâchis.

 

La Jetée

20 minutes pour changer l'histoire du cinéma à jamais.

 

Zombie

La suite de La Nuit des Morts-Vivants, qui reprend et développe les thèmes du premier film. C'est un peu moins subtil, à tous les niveaux, mais la surenchère fonctionne, un peu comme quand on passe de Alien à Aliens. C'est plus gore, plus bruyant, plus long, plus rentre-dedans, plus évidemment politique. Mais c'est génialement écrit et mis en scène, et, même si ça surligne, le discours anarchiste est réjouissant.

 


 

Juin 2012

 

Seule dans la nuit

Un classique mineur de la série B, très réussi, avec Audrey Hepburn, excellente en aveugle en danger. Du suspens de haute tenue.

 

Trois couleurs, bleu, blanc et rouge

Toujours du mal avec le volet "blanc", et, cette fois, j'ai préféré "bleu" à "rouge".

 

Belle de Jour

Tout le monde adore ce Bunuel, c'est un de ceux que j'aime le moins, tout en lui trouvant une foule de qualité, parce que c'est Bunuel, quand même. La faute, peut-être, sans doute, à l'omniprésence de Catherine Deneuve, actrice repoussoir par excellence.

 

Autopsie d'un meurtre

Un classique de Preminger, très connu pour son générique de Saul Bass. Le film vaut bien davantage que son ouverture et, dans le genre procédural, tient encore remarquablement la route. Il faut dire qu'il bénéficie de la présence de James Stewart, toujours parfait (ou presque).

 

Prometheus

C'est ridicule et je ne l'ai pas revu, vous pensez bien. Donc je reste sur mon avis d'époque.

 

La Vie est belle

Le film de Capra, bien sûr. Un chef-d'oeuvre absolu, total, infini, idéal. Un des meilleurs films de l'histoire du cinéma. Une histoire qui rend heureux, qui donne envie d'être meilleur. C'est bouleversant. La Vie est belle reviendra dans ce cahier.

 

New York - Miami

Autre chef-d'oeuvre, drôle, touchant, brillant.

 

La Traversée du Temps

J'ai davantage apprécié qu'à ma première vision, même si je trouve qu'il manque toujours un petit quelque chose pour en faire un grand film.

 

L'Homme qui tua Liberty Valance

C'est presque du meta western et c'est toujours un chef-d'oeuvre.

 

La Malédiction

Tout n'est pas parfait, mais l'ambiance de ce film reste impressionnante. Quelques scènes ont gardé leur force, avec des moments chocs vraiment brillants (et mille fois imités depuis). Et puis la musique de Jerry Goldsmith balance une ambiance d'apocalypse satanique jamais égalée.

 

Jin-Roh

Plus de 20 ans après, je maintiens que c'est un film immense.

 

Incident au Loch Ness

Werner Herzog s'autoparodie. Faut être fan du bonhomme pour pleinement apprécier et dans ce cas c'est très rigolo.

 

Ju-On : The Grudge

L'original, bien sûr, un film qui ne fait pas l'unanimité. Généralement les spectateurs n'apprécient pas ce qui, je trouve, en fait toute la réussite : la narration éclatée, le nihilisme, les effets spéciaux mal fichus qui rajoutent au grotesque, ce systématisme oppressant. Un vrai (télé)film d'horreur pure, glaçant.

 

Cinéman

Parce que c'est important de (re)voir de très mauvais films pour mieux apprécier les bons. Tout le monde le sait à présent, il s'agit là d'une des pires oeuvres de l'histoire du cinéma, nulle à tous les niveaux. Techniquement minable, pas drôle et, crime suprême, une insulte totale à une flopée de chefs-d'oeuvre du 7e art. Un crachat de pseudo cinéphile, véritable imposteur. Le réalisateur, si on peut le qualifier ainsi, a prouvé mille fois avant et après, qu'il était aussi pathétique dans tous les domaines que ce "film".

 

Mr Smith au Sénat

Un petit cycle Capra, donc, avec un autre film génial, avec une vision idéalisée, épique, émouvante, de la démocratie américaine.

 

Fahrenheit 451

Un grand roman plutôt très bien adapté à l'écran. Pour varier de 1984 quand vous voulez parler de futur qui nous pend au nez.

 

The Loved Ones

Du cinéma d'horreur qui ne cherche pas à transcender le genre mais juste à raconter une histoire qui secoue les tripes. Très méchant. Très efficace.

 

Robinson Crusoé sur Mars

Une curiosité, éditée chez Criterion quand même, qui mérite largement le détour. Joliment mis en scène par Byron Haskin, cette adaptation spatiale du roman de Defoe joue la carte de la sobriété. Il y a, ici et là, de beaux effets spéciaux, mais l'essentiel est dans l'histoire et ses protagonistes.

 

Defendor

Excellente approche de l'obsession américaine pour les super-héros. C'est humble, touchant, superbement interprété.

 

Arsenic et vieilles dentelles

Ah la magnificence de l'écriture ! Que ce cinéma là était brillant. Capra encore, donc, et si vous ne connaissez pas, regardez immédiatement, ça sera toujours mieux que 99.999% des films récents.

 


 

Mai 2012

 

Bonnie and Clyde

Si on peut reprocher au film d'avoir ouvert la porte à une nouvelle étape dans l'esthétisation de la violence, qui a mené à des choses parfois géniales, souvent complaisantes, ses qualités sont beaucoup plus nombreuses.

 

Strange Circus

Peut-être un Sono Sion mineur, mais néanmoins remarquable dans sa capacité à créer le chaos dans l'environnement familial. Les tensions des relations sociales finissent toujours dans le drame, la violence, le grotesque et la libération.

 

La Dame en noir

Pas beaucoup de souvenirs, mais je sais que dans le genre horreur pour tous, c'est très correct, avec de jolies images et une fin bien noire.

 

La Cabane dans les bois

Du cinéma de petit malin, plus intéressant en théorie que par son résultat à l'écran qui ne va pas plus loin qu'un épisode rigolo d'anthologie fantastique pour la télévision.

 

Audition

Vaut surtout pour sa dernière partie, copieusement horrible et désormais bien ancrée dans l'histoire du 7e art.

 

The Hole

Joe Dante, cinéaste éternellement sous-estimé, m'aura presque toujours épaté. S'il s'agit ici d'une œuvre relativement mineure, comme on dit, ce n'en est pas moins un bon film. Le réalisateur fait partie de cette belle tradition des auteurs pour enfants/ados qui considèrent leur public pour des spectateurs intelligents et exigeants. Il nous manque.

 

Abattoir 5

Hyper casse-gueule et d'ailleurs ça se casse copieusement la gueule. La SF new age et la seconde guerre mondiale font ici difficilement bon ménage. Lisez plutôt le roman.

 

Le Locataire

Du Polanski, donc ultra glauque. C'est situé sur la fin de la grande période du réalisateur qui devient beaucoup moins intéressant à partir des années 80, malgré quelques fulgurances ici et là (à vous de choisir lesquelles). Après, je comprendrais que vous laissiez son oeuvre au Purgatoire en ce moment.

 

Chinatown

Encore Polanski avec l'un de ses deux ou trois chefs-d'oeuvre. C'est donc brillant et malsain, avec une révélation finale qui glace d'autant plus le sang quand on connaît les obsessions de l'artiste à l'écran comme dans sa vie. Le film demeure pour cette raison, et bien d'autres, fascinant et dérangeant.

 

Les Liaisons Dangereuses

La version Stephen Frears, certainement la meilleure. C'est clinquant, sans être totalement aseptisé. Et puis Michelle Pfeiffer y est tellement belle et délicate que c'en est presque émouvant.

 

Hair Extensions

Un Sono Sion faussement mineur, plein d'idées bien cramées dans la tête.

 

Suspiria

Forcément en 2012 c'était la version Argento, dont j'ai longuement chanté les louanges par le passé. Je pourrais profiter de l'occasion pour en rajouter une couche, mais ce n'est pas la peine. Ce n'est pas trop la peine non plus de rappeler à quel point le cinéma d'Argento est, par la suite, parti en vrille, puis en chute libre, avant de s'écraser lamentablement au sol à la fin des années 90.

 

The Avengers

On croisera quelques Marvel dans ce cahier critique, avant de les voir peu à peu disparaître. J'avais une vague indulgence à l'époque et j'étais assez preneur du concept de faire du feuilleton. Sauf qu'il fallait quand même penser à faire des films qui tenaient à peu près la route en eux-mêmes et pas seulement des épisodes de séries TV boursouflés, moches et interchangeables. Sur le premier Avengers ça va encore, mais ça n'allait pas durer.

 

The Blade

Tsui Hark, quoi. Chef-d'oeuvre. Toujours.

 

La Nuit des Morts-Vivants

L'original, celui de Romero, de 1968. Quel immense film, tout est là, pas la peine d'en rajouter. C'est sec, précis, efficace, chaque scène est un modèle. Pas une touche de gras, pas une fausse note, avec plein de degrés de lecture. Le cinéma d'horreur à son sommet.

 

L'Assassinat de Jesse James

J'en disais beaucoup de bien au moment de sa sortie, c'est encore mieux à chaque nouvelle vision.

 

My Joy

Ouille ! Du cinéma Russe glauque, dans ta gueule. C'est très bien dans le genre, mais c'est aussi une punition.

 

Laura

Classique du film noir, absolument incontournable. Presque mieux que Vertigo dans sa description de l'obsessions pour le fantôme de la victime.

 


 

Avril 2012

 

L'Avventura

Parfois le choix le plus évident est aussi le bon, c'est mon Antonionni favori. Une oeuvre d'une étrangeté unique qui ne cesse de se refuser, tout en offrant mille et un trésors esthétiques. Eternellement moderne

.

Love Exposure

J'en ai déjà parlé. C'est la quintessence du cinéma passionnant de Sono Sion. Je sais que ça ne fait pas l'unanimité et fort heureusement. Les gestes aussi radicaux ne peuvent que diviser. Mort au consensus mou et au "en même temps" !

 

Godzilla

L'original, celui de 1954, la fameuse métaphore du péril atomique qui, aujourd'hui, semble se doubler de la vengeance, bien méritée, de la Nature sur l'Homme. Le rythme n'est pas celui des blockbusters actuels, mais l'ambiance est toujours aussi prenante. C'est un vrai film d'horreur tragique, avec un aspect fataliste assez angoissant. Et le réalisateur parvient à créer de belles images avec des effets spéciaux évidemment assez rudimentaires.

 

Blanche Neige

Version Tarsem. Dans le genre oeuvre qui divise, celle de Tarsem se pose là. On aime ou on déteste. Même The Fall ne plaît pas à tout le monde. Alors ce Blanche-Neige complètement fou-fou, n'en parlons même pas. J'avais dit à l'époque tout le bien que j'en pensais, je persiste.

 

Sailor et Lula

C'est un immense trauma adolescent. "Seulement" interdit aux moins de 12 ans, le film demeure pourtant le plus énervé de toute l'oeuvre de David Lynch. C'est aussi la quintessence de son mélange de film noir et de surréalisme glauque, avec une histoire d'amour trash et naïve pour bien équilibrer. Mis en scène entre la série et le film Twin Peaks, Sailor et Lula en retrouve à peu près toute la magie. Cette période, qui va de 1989 à 1992 est, mes yeux, l'indéniable (twin) pic créatif du réalisateur. Bien encadré, toujours à mes yeux, par deux monuments "sentimentaux", Elephant Man, au début, et Une Histoire Vraie, à la fin.

 

A Night to Remember

C'est le récit de la catastrophe du Titanic, en forcément moins spectaculaire et moins romantique que la version Cameron. C'est plus ramassé, plus sobre, assez viscéral. De manière troublante, on remarquera des scènes vraiment très similaires à celles du film de 1997. Chaque oeuvre a ses qualités et ses défauts, léger avantage à la version Cameron because Kate Winslet, qui y est évidemment merveilleuse, malgré tout ce que cette ordure de Jacques Rivette avait pu déblatérer sur le sujet à l'époque.

 

Session 9

Grand, très grand petit film d'horreur. C'est du psychologique pur où un lieu suffit à rendre fou des hommes, des vrais, des bourrus. Ici, pas de demoiselle en détresse, ce sont des mecs à qui on ne la fait pas, mais qui, au fond, sont déjà suffisamment brisés pour laisser filtrer la folie. C'est effrayant de la première image à la (glaçante) dernière séquence.

 

La Mouche

Ah, j'en parlais un peu auparavant, c'est dans mon top 3 Cronenberg. A noter que la première fois que je l'ai vu, adolescent, je n'avais pas trop aimé, je m'étais ennuyé et j'avais trouvé ça un peu gnan-gnan. Monumentale erreur, comme on dit. C'est parfait.

 

The Cell

Tarsem encore, avec une oeuvre bien sûr esthétiquement réussie, mais moins solide dans son récit. C'est dommage, il y a des scènes vraiment superbes et, comme finalement assez souvent, Jennifer Lopez y est très correcte.

 

Le Silence des Agneaux

Chef-d'oeuvre, que voulez-vous que je vous dise ? A son corps défendant, le film a été tellement imité, parodié, ses comédiens se sont tellement fourvoyés, que c'est un peu difficile de tout regarder sans sourire à certains moments. Mais l'ambiance est si puissante, avec un final au suspens inoubliable, qu'on se laisse encore facilement happer.

 

Rec

La pure horreur panique. C'est très bête, au fond, mais on est le nez dans le guidon pendant les 2/3 du métrage. Et quel crescendo ! Les 10 dernières minutes sont complètement dingues.

 

Au coeur de la nuit

Une anthologie fantastique, forcément inégale, mais dont le sketch final, avec la marionnette, demeure intouchable.

 

Le Lauréat

Encore un grand film, avec tellement de couches de sens à dévoiler à chaque vision. Et cette fin...

 

Pretty Woman

Dans le genre film "problématique", comme ils disent, ça se pose là. C'est mal foutu de partout, mais voilà, Julia Roberts, rien à ajouter, elle explose tout le film, ça reste complètement fou de voir une actrice devenir une star minute après minute, scène après scène, plan après plan.

 

Transformers 3

Abominable, malgré un combat final halluciné et interminable.

 

Guilty of Romance

Sono Sion signe là une ode, forcément poétique, politique et malsaine, à son épouse. Je vous renvoie à ma critique d'époque.

 

Cold Fish

Sono Sion toujours, en mode ultra vénère. C'est dur à regarder mais c'est du cinéma qui semble vouloir tout réinventer en permanence.

 

Suicide Club

Sono Sion débutant, avec une oeuvre qui l'a presque rendu "populaire", en tout cas il a failli flirter avec un public un peu large. La première partie, qui semble s'inscrire dans l'horreur japonaise qui était effectivement très à la mode à l'époque, fait donc illusion. C'est (presque) normal. Mais la second partie part totalement en vrille et nous annonce l'arrivée en fanfare d'un des réalisateurs les plus passionnants de notre temps.

 

L'Ange Exterminateur

Un excellent Bunuel (pléonasme), cruel et bizarre (c'est du Bunuel, donc pléonasme encore).

 


 

Mars 2012

Martha Marcy May Marlene

J'avais adoré le film à l'époque mais je me sens bien incapable de le revoir. C'est du cinéma utile, mais qui fait trop mal.

 

The Muppets

L'énième retour des marionnettes. Probablement le meilleur avec le tout premier film.

 

L'Apollonide

C'est très mauvais, et j'en ai déjà parlé.

 

Millennium (David Fincher)

Alors, forcément, c'est vachement mieux mis en scène que la version scandinave, mais l'actrice, pourtant excellente, n'est pas à la hauteur de Noomi Rapace. Après, forcément, quand on a déjà vu l'autre film, c'est assez ennuyeux, avec peu de différences notables. Et, il y a toujours une forme de complaisance dans le sordide que je trouve plus proche de la gratuité que de la viscéralité escomptée. Pour du Fincher, c'est très mineur.

 

Le Choc des Titans

C'est la version originale dont je parle, bien sûr. Ah, que j'avais adoré ce film quand j'avais 10 ans. Aujourd'hui, ça fait un peu mal au coeur. Certes les effets spéciaux ont souvent beaucoup de charmes, mais le reste est bien médiocre. On sauvera, encore et toujours, l'hallucinante scène de l'antre de Méduse.

 

The Descendants

Alexander Payne ce n'est pas pour moi. Aucun souvenir de celui-là, à part que je me suis ennuyé à mourir.

 

Koyaanisqatsi

J'en ai déjà longuement parlé, mon avis n'a pas changé. Une splendeur.

 

John Carter

Charmant au possible.

 

Macadam Cowboy

Un des traumatismes de mon adolescence. J'avais un peu peur de le revoir et d'être déçu. Je l'ai aimé encore plus. C'est à la fois d'une âpreté un peu cruelle, à la limite du nihilisme, et étrangement émouvant.

 

Kill List

Je n'irai pas le revoir demain, mais j'en ai toujours un grand souvenir. Un des meilleurs films d'horreur de ces dernières années.

 

Les Hauts de Hurlevent

Magnifique adaptation et peut-être mon Andrea Arnold favori.

 

Hunger Games

Toujours cet énorme problème de mise en scène sur le premier film, ça rend la chose à la limite de l'irregardable sur grand écran. Dommage, au niveau histoire c'est pas mal du tout et Jennifer Lawrence est phénoménale.

 

Cheval de guerre

Il y a des passages tartignoles, mais pour du cinéma à l'ancienne fait par un cinéaste un peu rhumatisant, c'est vraiment mignon.

 

Tamara Drewe

C'est le Gemma Arterton show et ça se laisse regarder avec plaisir.

 


 

Février 2012

Vampyr

Une splendeur absolue, comme à peu près tous les films de Dreyer, et un des meilleurs films fantastiques de l'histoire du cinéma, ne serait-ce qu'au niveau purement esthétique. A noter que l'une des plus belles idées du film, qui lui donne une aura unique, vient d'un problème technique ayant laissé un voile grisâtre sur la pellicule. Ce qui nous rappelle que le hasard a toujours sa part dans les processus créatifs.

 

Lascars

C'est très rigolo. Avec des personnages plus vrais que nature (je vous assure) et une tonne de répliques irrésistibles. Et paye ta chanson finale culte.

 

Superman

Du temps où les films de super-héros avaient un minimum de personnalité et essayait de raconter quelque chose. Une des multiples qualités du film est de parvenir à équilibrer ses aspects sérieux (et donc un peu ridicules) avec ses aspects les plus légers. En cela, ce Superman parvient à parfaitement respecter l'esprit des comics classiques qui, dans leurs meilleures pages, savent parler de thèmes adultes aux enfants.

 

Superman 2

Légèrement moins bien dans son ensemble que le premier film, c'est encore une réussite. Le trio de méchants est quand même assez pittoresque, je les aime beaucoup.

 

This is Spinal Tap

Il s'agit, comme vous le savez certainement, d'une des meilleures comédies cinématographiques. Le film n'a pas pris une ride et reste hilarant du début à la fin. Bien sûr, si vous aimez la musique rock ou métal, et la musique populaire en général, c'est encore plus savoureux car "tellement vrai". Et en plus, les chansons sont meilleures que les "vraies". Je pourrais passer des heures à vous citer le film en riant comme un idiot devant mon écran, mais ça ne vous avancerait pas à grand-chose, avouons-le.

 

Supergirl

Mega nanar, malheureusement pas aussi drôle que dans mon souvenir d'enfant. Quand j'avais 8 ans, je trouvais Helen Slater jolie et Faye Dunaway effrayante. On est mignon quand on est petit.

 

Wonder Woman

Marginalement moins pire que les super-héros actuels et quand même mieux que Supergirl. La mise en scène est à peu près correcte, c'est déjà beaucoup. Encore une fois, un tel personnage méritait tellement mieux.

 

Robocop

J'étais encore une fois persuadé d'avoir déjà écrit longuement dessus ici. Je l'ai rêvé. J'ai tellement parlé de ce film dans ma vie, je l'ai souvent défendu. D'autres le font mieux que moi depuis bien plus longtemps. Aujourd'hui, il n'y a plus qu'une poignée d'âmes errantes qui n'aiment pas Robocop. Ou qui le méprise a priori. Tout le monde reconnaît le génie de ce film, espèce rare qui parvient à allier un divertissement fun, brutal et ciselé, à une vraie profondeur artistique et politique. Verhoeven est un cinéaste inégal. Je ne pratique pas la politique des auteurs. Il a commis des choses moyennes, voire vraiment ratées. Mais quand il est bon, il plane au-dessus du reste, très haut. Robocop fait partie de son top 3, et c'est, donc, indiscutable.

 

Puss in Boots

Amusant, mais tellement oubliable que j'ai presque tout oublié.

 

Constantine

Certes ce n'est pas à la hauteur du comics, mais ça reste le haut du panier des adaptations récentes. Lisez le comics, bien sûr, mais sachez aussi apprécier cette bonne tranche de série B rigolote.

 

We need to talk about Kevin

C'est nul et j'en ai déjà parlé.

 

Pulp Fiction

Toujours un immense bonheur. Tout a été dit sur ce film, je crois, tout et n'importe quoi. Alors que bon, en fait, c'est juste du fun.

 

Le Nouveau Monde

Un des plus beaux films de tous les temps, que voulez-vous que je vous dise de plus ? Quelle que soit la version, c'est d'un génie ineffable. Les 10 dernières minutes sont, peut-être, mes préférées de tous les films que j'ai pu voir. C'est vous dire. Si vous voulez savoir ce que c'est que la grâce au cinéma, ce qu'est la beauté absolue dans cet art, c'est dans ce film que vous pouvez vous abandonner.

 

Merlin l'enchanteur

Disney mineur mais agréable. Sur le mythe du roi Arthur ce n'est certes pas Excalibur mais ça reste supérieur à bien d'autres variations nulles que je préfère ne pas citer.

 

Le Nom des gens

Le concept est meilleur que l'exécution, fine comme du gros sel. Sara Forestier y est assez craquante.

 

Kung Fu Panda

Respect des oeuvres d'origine, bons gags et excellentes scène d'action, c'est très bien.

 

Kung Fu Panda 2

Presque aussi bien que le premier.

 


 

Janvier 2012

Lovely Bones

Un film que j'ai beaucoup aimé à sa sortie. J'ai été très seul parmi les critiques professionnelles de l'époque à le défendre. Souvenir d'une projection de presse abominable, où tous les nuls du milieu se marraient copieusement aux dépends du film. Depuis je l'ai revu trois fois et je l'ai apprécié davantage à chaque vision. Aujourd'hui, je le place tout en haut de l'oeuvre de Peter Jackson, aux côtés de Créatures Célestes et du Seigneur des Anneaux. Ma critique d'époque est trop "corporate" et mesurée, le film est bien meilleur que ce que j'en disais.

 

The Hours

C'est du biopic hollywoodien avec grosses performances, mais c'est du bon biopic hollywoodien. Il y a ici des qualités indéniables : les comédiens, bien sûr, la musique de Philip Glass, la narration emboîtée, un rythme. Si la partie avec Julianne Moore reste, à mes yeux, la meilleure, l'ensemble est toujours émouvant. Critique d'époque.

 

L'Age de glace

Je l'ai vu au moins trois fois et j'ai toujours du mal à m'en souvenir, à part que je trouve ça sympa à chaque fois.

 

La Règle du Jeu

Il serait absurde de vous dire que c'est un chef-d'oeuvre, tout le monde dit que c'est un chef-d'oeuvre. Enfin, presque tout le monde, car il y a toujours une faction de pseudo cinéphiles qui aiment déboulonner les idoles sous des prétextes généralement douteux (c'est vieux, ça parle trop, c'est vieux, ils jouent mal, c'est vieux, le rythme est pas bon, c'est vieux...). Alors qu'en fait, ça déchire, à tous les niveaux. Même la mise en scène, qu'on pourrait effectivement redouter comme un peu statique, est très dynamique. Et puis voilà, le sujet est intemporel.

 

Videodrome

Toujours un doute pour savoir si c'est Cronenberg préféré. Des fois, j'en suis persuadé, mais j'ai réévalué la Mouche et j'aime toujours autant Faux-semblants. C'est dans mon top 3, pour sûr. Longue vie à la nouvelle chair, vous connaissez la chanson.

 

L'Heure d'Eté

Un drame familial plus bourgeois tu meurs par un cinéaste terriblement bourgeois chic. C'est mortellement ennuyeux.

 

Take Shelter

J'ai déjà écrit en long et en large pourquoi je détestais ce film, je ne vais pas y revenir.

 

Cinq Pièces Faciles

Une merveille du Nouvel Hollywood, un sommet d'écriture subtile, profonde, avec des personnages comme on en voit de plus en plus rarement : complexes, riches, échappant au manichéisme.

 

La Bataille d'Alger

Celui-là est étudié dans les écoles de cinéma, pour apprendre aux jeunes ce que c'est que de la bonne mise en scène "sur le vif", style documentaire. A raison, bien sûr, si tous les étudiants en cinéma en comprenaient le génie, au paradis sur Terre, on y serait déjà.

 

La Taupe

Pas revu depuis sa sortie, toujours un excellent souvenir.

 

Animal Kingdom

Je crois que c'est pas mal, mais aucun souvenir sans tricher et regarder le résumé.

 

Les Sept Samouraï

Comme vous le savez, il s'agit d'un des meilleurs films de l'histoire du cinéma.

 

Intouchables

Toujours et encore de la grosse fiente.

 

Polisse

J'étais indulgent à l'époque, beaucoup moins aujourd'hui. C'est quand même bien lourdingue et les meilleurs moments sont repiqués plus ou moins littéralement de documentaires. Au final, il ne reste pas grand-chose d'intéressant.

 

Zodiac

Se bonifie au fil des visions. Peut-être le meilleur film de David Fincher.

 

Les Aventures de Rabbi Jacob

Une des rares comédies populaires françaises à traverser les ans avec un certain panache. Il y a des passages désolants, mais les moments réussis demeurent assez savoureux.

 

In Time

Techno-ringard-nanar. A présent que je sais à quoi m'en tenir, possible que je puisse le revoir en riant du début à la fin. Mais bon, j'ai aussi mieux à faire.

 

Yojimbo

Toujours aussi bien.

 

Blow Out

Faut-il que je développe ? Sans doute. Bon, je n'aime pas. Cela fait, quoi ? Plus de 25 ans que j'essaie avec De Palma. Phantom of the Paradise est un de mes films favoris, que j'aime passionnément. Après, non. Il y a des choses que j'ai appréciées quand j'étais plus jeune et que je revoie avec consternation (Les Incorruptibles, par exemple, très mauvais). Blow Out en faisait vaguement parti, même si je n'en avais que peu de souvenirs. Cet énième Hitchcock du pauvre par Brian me laisse de marbre. S'il y a quelques passages bien nanars, c'est surtout indigent. Après, pour qui aime la pure technique, c'est sans doute plaisant, faut aimer démonter des carburateurs, sans doute.

 

12 Hommes en Colère

Film parfait.

 

Rushmore

Aucun souvenir. C'est du Wes Anderson, ça me passe dessus sans laisser de traces. Je me souviens quand même que c'est un peu moins joli comme une crèche que ses films suivants.

 

10e Chambre, Instants d'audience

Du grand Depardon, même si on est toujours un peu dans le sensationnel c'est un témoignage passionnant.

 

Faits Divers

Une des importantes sources d'inspiration du Polisse cité plus haut. Forcément c'est mille fois mieux chez Depardon. C'est un de ses meilleurs, avec des scènes dévastatrices.

 

Sweet Smell of Success

Un film noir différent, très efficace. Pas forcément un chef-d'oeuvre oublié, mais clairement au-delà de la simple curiosité.

 


 

Si cela vous a plus, n'hésitez pas à faire un petit don.

 


 

 
 
 
 
 
 
 
 
Soutenez l'indépendance de
 
The Web's Worst Page :